jeudi 14 mars 2013

Ecriture collective ( séance 5) - consigne 3

Répondez à présent aux trois questions retenues dans un texte suivi avec le narrateur de votre choix.

7 commentaires:

  1. Pamela

    Mary entend Dominique demander à Jo de lui confier ses secrets de cuisine, curieuse de savoir où elle a appris à préparer des mets aussi délicieux. Elle n’écoute pas la réponse de Jo. La question que cette dernière lui a posée juste avant de se mettre à table lui revient encore et encore, comme un disque abîmé. « Vous êtes si jeune et n’avez encore rien vu de la vie. Pensez-vous supporter de vivre ici, coupée du monde ? » Mary s’est étonnée d’avoir réussi à garder son calme en lui répondant que tout ce qui lui importait était de mener une vie respectable auprès de son mari, tant qu’il aurait besoin d’elle à ses côtés… Le sous-entendu de Jo l’a énervée. Et la trouble tant qu’elle n’arrive plus à retrouver le fil des conversations. Elle a à peine terminé sa soupe qu’ils sont déjà passés au plat principal.
    Pour se donner contenance, elle intercepte le regard de Marc, lui adresse un grand sourire et lui demande s’il peut lui résumer l’histoire de son prochain livre. Tandis qu’il s’exécute avec grâce, Mary note qu’il se penche souvent vers Dominique et qu’il essaye de captiver son attention. Celle-ci ne lui prête qu’une attention polie et semble absente. Quel drôle de bonhomme ce Marc ! Quel franc-parler ! Aussitôt qu’il a terminé de conter son histoire, il se détourne de Mary et dit à Dominique d’un ton badin : « J’ai remarqué que vous voyagez seule ». Dominique acquiesce d’un hochement de tête. Il baisse le ton pour éviter que Mary ne l’entende mais la question n’échappe pas à sa curiosité. « Recherchez-vous de la compagnie ou fuyez-vous quelqu’un ? »
    Quelque chose passe dans le regard de Dominique qui glace le sang de Mary. Un éclat sauvage. C’est tellement instantané et de courte durée qu’elle croit l’avoir rêvé. Elle en a pourtant la chair de poule!
    Elle se penche un peu plus pour capter la réponse de Dominique :
    « Ni l’un ni l’autre, cher Monsieur, je désire juste la paix, si ce n’est pas trop demander. » Mary a du mal à cacher son amusement, détourne la tête vers le Docteur Winkle, qui la dévisage ouvertement. Son regard inquisiteur la met un peu mal à l’aise et elle se remémore leur conversation du matin au sujet de sa grossesse. Elle essaye lamentablement de s’excuser pour sa réaction, sans toutefois aborder le sujet qui les occupe devant tout le monde mais le Docteur Winkle lui coupe la parole en balayant d’un geste de la main ses tentatives. Sa bonhommie la rassure et elle lui sourit. Il se rapproche autant que la bienséance le lui permet et demande à Mary, sur le ton de la confidence :
    - Pourquoi avez-vous épousé quelqu’un qui a l’âge de votre père ?
    Le sourire de Mary s’évanouit. Elle n’arrive pas à en croire ses oreilles ! Ne peut-on pas la laisser en paix ? Qu’ont-ils à la tourmenter ainsi, lui faire subir un interrogatoire ? Doit-elle leur rendre des comptes ? Son jeune âge justifie-t-il qu’elle se fasse traiter de la sorte ? Elle sent la colère monter en elle mais s’efforce de se contenir car sa dernière envie est de se comporter comme une hystérique.
    Au prix d’un effort surhumain, elle parvient à répondre d’une voix qu’elle aimerait légère et enjouée :
    - La question serait plutôt de savoir pourquoi je n’aurais pas épousé un homme aussi bon et loyal, préoccupé par le bien-être des autres avant le sien, d’une grande intelligence dont il use avec bienveillance sans jamais vouloir en écraser les autres de son poids… Des nombreuses qualités pour un seul homme que je n’ai jamais retrouvées en si grande concentration chez personne d’autre. Avouez que vous l’auriez épousé vous aussi sans hésiter s’il vous l’avait demandé !
    Mary ne put s’empêcher de rougir de sa propre audace. Elle n’osa plus regarder le Docteur Winkle de peur de sa réaction et lança un regard appuyé à son mari, installé de l’autre côté de la table. L’attention de ce dernier était portée sur Dominique, qui du bout des lèvres lui demandait s’il n’avait jamais douté de sa foi en Dieu. On aurait dit que sa vie entière dépendait de la réponse du révérend.

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  2. J'aime beaucoup ton texte qui sonne juste. Les efforts de MAry pour se contrôler sont vrais et appropriés à cette époque où les rumeurs et la médisance s'en donnent à coeur joie.
    Attention, tu bascules dans le passé simple alors que le reste du texte est au présent ;-)

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  3. Freddy a écrit :

    Suite de la réponse du docteur Winkle à la question de Joe
    « A propos, savez-vous, chère Joe, que le Révérend et moi-même passons régulièrement nos soirées en compagnie des jeunes désoeuvrés du village ? En ces temps difficiles pour tous mais particulièrement pour les plus jeunes, notre présence est spécialement appréciée. Et les tournées que nous offrons généreusement dans les pubs ne font qu’accroître notre popularité. Mais s’il est de bon ton de réconforter quelque peu la jeunesse du village, vous comprendrez aisément que le Révérend et moi-même devons régulièrement faire le point et imaginer de nouvelles pistes pour que cette jeunesse ne sombre pas dans le chaos que cette guerre nous impose. Réalisez-vous maintenant combien ma présence est utile au Révérend en dehors des visites médicales de routine ? Inutile d’ajouter, chère Joe, que même si le devoir ne m’appelait pas, mon ventre serait capable de trouver les mots pour m’amener dans cette demeure et y goûter votre succulente cuisine. Quel malheur d’avoir fait le choix du célibat ! Vous auriez fait le bonheur d’au moins un homme affamé. »
    Joe a beau avoir entendu les explications structurées du docteur, elle n’est qu’à moitié convaincue. « Il devait avoir une très bonne raison, pense-t-elle, car il est là pour la troisième fois cette semaine. » Mais les impératifs du déjeuner sont là et elle met un terme à leur conversation.

    Suite de la réponse du Révérend Peter à la question de Dominique
    « Je peux avoir des questionnements intérieurs comme le fait de savoir ce qui a pu vous amener sur cette île mais Dieu me donne la force d’être patient, respectueux de l’être qui me fait face et suffisamment humble pour lui dire, pour « vous » dire : Chère Dominique, je ne sais pourquoi vous êtes là mais mon cœur sera en permanence à votre écoute. Si vous décidez de vous taire, je respecterai votre silence et prierai pour vous. Si en revanche vous décidez de parler, toute ma personne sera dirigée vers vous, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider si vous le voulez et je prierai d’autant plus pour vous. Nous avons beau vivre sur une île bien peu peuplée, nous avons tous un cœur qui bat dans notre poitrine et Dieu apprécie tellement que deux cœurs se parlent pour se grandir. Je n’en suis que l’humble serviteur. »

    Suite de la réponse du Révérend Peter à la question de Frère Martin
    « Vous savez, Frère Martin, me contenter d’une attitude pieuse et contemplative en ces temps de guerre si pénibles pour mes concitoyens serait impardonnable. Ma foi en Dieu doit me permettre d’insuffler la gaieté dans leur vie et de leur faire oublier les affres de leur quotidien. Et j’avoue que singulièrement les voies de Dieu empruntent en l’occurrence de sinueux chemins humains et des rites bien païens. Vous n’allez pas me croire mais Winkle et moi passons régulièrement de longues soirées dans les pubs du village à remplir le gosier de mes jeunes ouailles, à organiser des tournois de fléchettes ou de billard. Cela doit vous paraître bien éloigné de la vocation religieuse, telle qu’on la conçoit naturellement. Eh bien je vous assure, le respect et la gratitude que ces jeunes nous témoignent sont pour moi une empreinte profonde de mon Dieu. Rien de ce qui émaille la vie et les pensées de ces jeunes ne nous est caché. Souvent Winkle et moi pouvons résoudre des problèmes matériels ou des conflits familiaux sans la moindre violence et sans jouer à l’arbitre ou au redresseur de torts. Vous savez, quand tous ces jeunes répondent présent à notre invitation, c’est comme s’ils assistaient tous à l’office du dimanche après avoir reçu le sacrement du pardon. Rien de moins. Je vous prie de m’excuser si j’ai pu heurter vos convictions monastiques mais je me dis parfois que ce n’est pas un hasard si le monastère de l’île est en ruines car ma place de religieux est dans la vie des gens. »

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  4. Freddy écrit :

    Le docteur Winkle est en verve et en appétit. Il ne se laisse pas démonter par la question perfide de Joe : « Je trouve que vous venez très souvent ici, sans que votre profession le justifie nécessairement. Qu’est-ce qui vous attire ici ? »
    « Mais très chère, doutez-vous à ce point de vos talents culinaires ? Votre ragoût est un véritable régal. Pour dissiper l’inquiétude que je vois poindre dans vos yeux, sachez une chose : je suis plus attiré par votre cuisine que par vos beaux yeux. L’amitié que je porte au Révérend n’est-elle pas suffisante pour m’attirer ici plus que de raison ? Ne vous méprenez pas, Joe, le but de mes visites est on ne peut plus louable. »

    Debout devant la fenêtre, le Révérend scrute l’horizon et les vagues à perte de vue en attendant que le déjeuner soit servi. Il n’entend pas Dominique se glisser furtivement derrière lui. Il sursaute à sa question : « N’avez-vous jamais douté de votre foi en Dieu ? »
    Il se retourne brusquement mais retrouve rapidement sa sérénité face au visage souriant de la jeune femme : «Quand je contemple la beauté du paysage et votre joli sourire, je n’ai aucune raison de douter des bienfaits de mon Dieu. Mais je sais que cette réponse n’est pas celle que vous attendez, alors disons qu’il m’arrive de douter du monde dans lequel je vis, parfois des hommes et des femmes que je côtoie mais Dieu est toujours la force que j’appelle pour venir en aide à ces gens. Je n’ai pas le droit de douter si je veux écouter avec tendresse et tolérance, répondre avec amour et fraternité. »

    Frère Martin entend sans le vouloir vraiment les paroles du Révérend qui titillent sa curiosité. Il se joint à leur conversation et demande au Révérend si ses paroissiens se déplacent toujours sur l’île pour l’entendre. « N’iriez-vous pas plutôt au village ? » lui demande-t-il.
    « Détrompez-vous, Frère Martin, si j’aime plus que tout le calme de cette île et s’il est vrai que j’y célèbre l’office assez souvent, il m’arrive régulièrement de mettre le pied sur le continent. Comment voulez-vous que j’organise mes œuvres sociales pour les plus démunis et les plus fragiles à partir de cette île ? Et les jeunes désoeuvrés du village, pensez-vous un instant qu’ils se déplaceraient pour venir entendre mes sermons ? Je vais donc à leur rencontre dans les pubs du village et mon ami le docteur Winkle m’y aide largement. »

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  5. Début car on ne peut insérer que 4096 caractères à la fois :-)

    Jo jeta un œil sur tous les convives. Tout était parfait ! Elle avait servi le potage brûlant et chacun s’appliquait à le boire sans s’ébouillanter les lèvres.
    - Tu t’es lavé les mains ? demanda-t-elle à Alice. La petite acquiesça d’un hochement de tête.
    Jo était encore sous le choc de sa rencontre avec Mary. Elle n’avait pu s’empêcher de lui lancer avec une pointe d’acidité dans la cuisine avant le repas :
    - Vous ne savez rien de la vie ! Vous êtes encore si jeune… Combien de temps tiendrez-vous sur cette île, coupée de tout ?
    Mary avait paru bouleversée. Jo regrettait un peu ses paroles. Elle prierait Dieu de la pardonner. Malgré tout, elle savait qu’elle recommencerait à la moindre occasion. Elle ne la lâcherait pas !
    Elle remarqua que Peter souriait à Alice. Son cœur se serra.
    Les conversations allaient bon train. Jo se leva. Elle ramassa les assiettes vides et revint presqu’aussitôt avec un grand plat de ragoût et une purée de navets. Elle était bonne cuisinière, c’était indéniable !
    Dominique, qui appréciait le repas l’interrogea à ce propos :
    - Dites-moi Jo, vous devez avoir beaucoup de secrets de cuisine ! Où avez-vous appris tout cela ?
    Jo eut une bouffée de fierté. Ses joues rosirent. Elle était heureuse que cette jeune femme si douce et si secrète aime le menu.
    - Vous savez, le Révérend est une bonne fourchette. J’ai toujours fait en sorte qu’il mange ce qu’il aime en quantité et en qualité !
    Elle éluda ainsi la question. Elle n’avait aucunement envie de parler d’elle. Parler d’elle, ça voulait dire, parler d’avant…
    L’écrivain, Marc, discutait avec tout le monde. Il était à l’aise, ça se voyait. Jo capta son regard et lui demanda s’il arrivait à trouver l’inspiration nécessaire à l’écriture ici, sur cette petite île. Elle écouta la réponse plus par politesse que par intérêt. Ce genre de personnage ne lui inspirait guère confiance. Trop sûr de lui, pas fiable…
    Alice grignotait. Elle balançait les pieds sous sa chaise. Jo posa la main sur son genou pour qu’elle cesse. L’enfant se tourna vers Jo qui haussait les sourcils. Elle comprit et stoppa nette son mouvement.

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  6. Suite

    Frère Martin, le locataire de la bibliothèque tentait de discuter avec la petite qui restait silencieuse. Quelle sauvageonne, pensa Jo ! Martin, gentiment, tentait de connaître l’endroit de l’île qu’elle préférait. Alice baissait la tête, sans répondre, en roulant entre ses doigts de la mie de pain. Elle confectionnait de petites boulettes qu’elle alignait parallèlement à la petite cuillère à dessert. Martin se tourna alors vers Jo et avec une extrême gentillesse s’enquerra si elle n’avait jamais éprouvé l’envie d’aller ailleurs, elle qui semblait si heureuse ici. Jo plongea dans le regard de Martin. Il émanait de lui tant de douceur et de douleur à la fois. Cet homme avait certainement dû vivre de terribles épreuves. Elle aurait aimé le réconforter, chasser le doute de ses yeux si expressifs. Elle lui sourit. Un sourire sincère.
    - Je me plais ici. Peter, enfin, le Révérend je veux dire, a besoin de moi. Vous savez, lorsque j’ai accepté de venir travailler sur cette île, je savais que ce ne serait pas facile, que la solitude serait grande. Ne me croyez pas si vous voulez mais je me sens plus vivante ici que je ne l’ai jamais été ! Le Révérend a une mission sur cette terre et je suis là pour veiller sur lui afin qu’il accomplisse ce pour quoi il est là. Malgré toutes les embûches !
    Jo ne put s’empêcher de jeter une œillade de biais à Mary. Trop tard ! Elle comprit que Martin l’avait remarqué. Elle se pencha vers lui et murmura :
    - Veuillez m’excuser. Il est temps que je prépare le dessert.
    Se tournant vers Alice, Jo lui demanda de l’aider à débarrasser la table. Les plats étaient vides. Son ragoût avait eu le succès qu’elle espérait. La petite, frôlant frère Martin, lui lâcha dans un souffle :
    - La grotte sur les falaises.
    Frère Martin se tourna vers elle, interloqué.
    - Mon endroit préféré de l’île, renchérit Alice.
    Une grotte ? Sur l’île ? N’importe quoi… Jo pensa qu’elle tirerait cela au clair avec la fillette dès que possible. Elle repartit vers la cuisine en sa compagnie.

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  7. Suite 2 et fin

    Elle remplit les coupes en cristal avec la crème anglaise qu’elle avait préparée quelques heures plus tôt. La crème était onctueuse et un parfum d’œufs et de vanille vint lui chatouiller les narines. Alice, gourmande, dévorait des yeux le grand plat où la louche venait puiser de quoi remplir chaque coupe.
    - Tu pourras le lécher, si tu veux, dit Jo à la petite. Mais tu fais ça ici. Pas question qu’on te voit avec de la crème partout sur le visage ! Alice sans un mot acquiesça en dansant d’un pied à l’autre.
    Jo apporta le plateau dans la salle à manger et servit chaque convive. Elle supervisa l’ensemble de la table et seulement lorsqu’elle fut certaine que tout se passait pour le mieux, elle s’assit. Elle s’aperçut que le Docteur Winckle chuchotait à l’oreille de Mary. Elle sentit un reflux acide monter de ses entrailles. Cette fois, elle en était sûre. Ses pressentiments la trompaient rarement, une terrible nouvelle allait arriver ! Elle se sermonna en son for intérieur. Elle voulut interrompre ces messes basses et sans demi-mesure mais assez bas pour qu’eux seuls puissent entendre, elle lança, cassante :
    - Docteur, je trouve qu’on vous voit bien souvent alors que personne ne semble malade sur cette île ! Qu’est-ce qui vous attire tant chez nous ?
    Sa question eut l’effet escompté ! Sa conversation avec Mary cessa immédiatement. Mary, la jeune et fraiche Mary, semblait outrée autant que mal à l’aise. Jo eut un sourire sarcastique. Le docteur, quant à lui, ne semblait aucunement désarçonné et baragouina une prose futile à son égard, invoquant ses talents culinaires comme motif de ses nombreux déplacements ainsi que des actions qu’il mènerait avec Peter auprès des jeunes. Laïus peu convaincant s’il en est !
    Le Révérend se leva et pria la gente masculine de l’accompagner au salon pour un verre de brandy pendant que ces dames discuteraient chiffons devant une tasse de thé et des gâteaux. Peter remercia Jo :
    - C’était très réussi Jo, comme toujours !
    Jo partit chercher la théière. Ce lien qui l’unissait à Peter était si fort ! Elle se battrait pour que personne ne le brise.

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