A ce que m'a dit Jo, la maison va être au complet aujourd'hui ! Je pense même que tous les invités sont arrivés. J'ai entendu les portes claquer hier soir! Il est temps pour moi de me sauver. Je prends au passage ma boîte de coquillage. Je passerai par la plage. J'ouvre la porte de ma chambre, en douceur et sans faire de bruit. Je remarque au passage que celle à côté du débarras est ouverte. Je sais que je ne devrais pas, que Dieu est censé me voir, mais je risque un oeil à l'intérieur. Il n'y a personne. Juste une valise avec des initiales : D.E. C'est louche ! Je dois veiller à ce que les marches de l'escalier ne grincent pas sous mon poids. Si Jo m'attrappe, elle va me demander de lui donner un coup de main et je devrai probablement encore aller chercher les légumes au jardin et les nettoyer pour la soupe de ce soir... Tout bien réfléchi, je dois impérativement m'éclipser. J'ai plutôt envie de lire mon bouquin sur les falaises ou pourquoi pas, au phare ! Je suis certaine que là, on me fichera la paix. Je n'entendrai que les mouettes et le bruit des vagues contre les rochers. Juste mon livre et moi... Je me dépêche car la marée va monter et je risque de ne plus pouvoir revenir du phare. Jo me tirera les oreilles, encore une fois! Je me dirige vers la plage. Je cours pour sentir le vent dans mes cheveux. J'enlève mes chaussures. Le sable humide et froid me pince les orteils. Heureusement, il ne pleut pas ! Si je passais par la petite grotte sur les falaises ? Je suis certaine que personne ne la connaît. Il est vrai que si je n'avais pas été surprise par l'orage, je ne l'aurais sans doute jamais découverte... Au loin, j'entends Frany. Elle ne semble pas joyeuse la pauvre ! Je suis certaine qu'Apollon la poursuit à nouveau. Je chiperai tout à l'heure une carotte à la cuisine pour la lui donner. Je n'aime pas tous ces inconnus qui débarquent dans mon île ! J'avoue que je trouve très rigolo de les suivre en cachette, de les épier. Ils ne se doutent jamais de rien ! Quand il y a du monde sur l'île, Jo râle et met un point d'honneur à ce que je sois propre pour le dîner. Je suis certaine qu'elle a déjà préparer la robe que je devrai porter ce soir ! Pouah ! Lorsque j'arrive au phare, je remarque bizarrement que la porte est ouverte. Je suis pourtant certaine de l'avoir bien fermée et bloquée afin qu'elle résiste au vent ! C'est étonnant car personne n'ose s'aventurer jusqu'ici. Ils ont tous la frousse d'être coincés par la marée ! Ah les trouillards ! Moi, je m'en fiche, je ne crains ni les vagues, ni les falaises, ni le phare ! Je n'ai peur de rien... sauf de Jo, un petit peu ! C'est chez moi ici, c'est mon île !
J’ai bien fait de venir ici quelques jours. Cette île semble avoir un lien tout particulier avec notre Seigneur. Il vit ici. Dans ces herbes, dans ces galets. Sur ces falaises abruptes. Partout je vois son empreinte. Même ce soleil qui m’éclaire semble contenir un message. Je suis le bienvenu ici. Je n’ai pas besoin de m’en faire. Je suis le bienvenu. Je regarde la maison du révérend Peter. Elle lui ressemble. A la fois joviale et attentive. Elle veille de son regard multiple sur ses hôtes. C’est un peu comme cette pièce où l’on me fait dormir. Comme nous sommes fort nombreux, la femme du révérend a émis d’une voix tremblante l’hypothèse que je pourrais peut-être dormir sur le canapé de la salle de vie. C’est surtout une immense bibliothèque. Le révérend a failli protester, prêt à demander à son homme à tout faire de construire sur le champ un endroit digne de m’accueillir mais je l’ai freiné d’un geste de la main. Cela me conviendrait très bien. J’ai bien fait. La pièce est magnifique. Une grande baie vitrée donne sur les falaises du Dorset et sa réserve d’oiseaux qu’on entend crier sans que cela soit dérangeant. Tout comme le bruit de la mer qui me parvient de façon assourdie. Les murs sont épais. Il fait chaud. Il fait bon. Et la chaleur de la pièce est renforcée par la présence des livres. Dieu du ciel ! Le révérend dispose là d’une véritable richesse. Des ouvrages théologiques qui m’apporteront matière à réflexion. Qui me dessilleront les yeux. Du moins, je l’espère. Le reste de l’île est à la hauteur de la création divine. J’oublierai presque la fureur de la guerre et les horreurs que j’ai vues. Seigneur… Comment as-tu pu… Allons bon voilà que je recommence. Je ne dois pas douter. Je marche posément sur le chemin de terre. Le bêlement des moutons rythme mon pas. Le cri des mouettes scandent mes pensées. Surtout ne pas réfléchir. Ne faire que contempler. Observer ce phare comme on observe un guide éclairé. Ecouter le vent souffler dans l’herbe grasse des pâturages. Ne plus penser enfin. Et juste croire. Croire au moins au calme et à la paix qui m’entourent. Me bercent dans le mouvement lent ou parfois violent des vagues qui se fracassent contre l’île sans la faire trembler. Seul l’homme peut trembler. Comme le vent forci, je fais demi-tour et regagne d’un pas lourd la maison. Un cheval imposant hennit et souffle pour attirer mon attention. Il gratte d’un sabot impatient le sol. Je souris et m’arrête le temps de lui gratter l’encolure. Sous mes doigts, la puissance musculature frémit. Il pose sur mon épaule son immense tête avant de me pousser du bout de son nez. Je souris. Je suis le bienvenu.
Très intéressant ce personnage en proie au doute... ce texte a un beau rythme qui me touche. La répétition du "je suis le bienvenu", et ces phrases: " Surtout ne pas réfléchir. Ne faire que contempler. Observer ce phare comme on observe un guide éclairé. Ecouter le vent souffler dans l’herbe grasse des pâturages. Ne plus penser enfin. Et juste croire." very beautiful ;o)
Pour la première fois depuis de nombreuses semaines, je me réveille en douceur, j’ouvre les yeux et m’étire lentement. Mes pieds dépassent un peu du lit, je replie mes jambes sous la chaleur de la couverture. Les rideaux sont clairs et laissent pénétrer la lumière extérieure. Je suis agréablement surprise car même si je ne le perçois pas directement, étant donné que ma chambre est située côté, le soleil semble être au rendez-vous ce matin. Hier soir c’est la pluie et le vent qui m’ont accueillie sur l’île. A côté de mon lit se trouve une petite commode sur laquelle repose une horloge indiquant qu’il est 9h30 ! déjà ! l’horloge a donc effectué un tour complet ! j’enfile rapidement mes vêtements, fais une rapide toilette à l’évier, cachée derrière le paravent. J’écarte les rideaux et étudie l’endroit où je me suis endormie comme une masse hier. Elle m’avait paru plus petite alors. Elle est finalement d’une belle taille : composée d’un lit, une commode, une garde-robe et un évier, on peut malgré tout y circuler librement. Je sors de ma chambre et suis impressionnée par la grandeur du hall. Je me rends au rez-de-chaussée, surprise de ne croiser personne. Je ressens un besoin fou de voir la mer. Je sors du presbytère et essaye de me rappeler le chemin.
Premières impressions et tour de l’île du Docteur Winkle Je suis vraiment heureux d’avoir pu me reposer confortablement dans cette petite chambre aménagée avec goût. J’étais trop fatigué hier pour m’intéresser au couple qui trônait au-dessus de ce lit en acajou subtilement sculpté et recouvert d’un moelleux duvet en plumes d’oie. Sans doute les ancêtres de mon ami le Révérend. Rien n’a pu troubler mon sommeil si ce n’est de temps à autre le bruit lugubre de la cloche du temple qui serait capable de réveiller un mort. Les douces teintes vertes de la tapisserie semblent répondre en écho aux vertes prairies qui entourent le presbytère. Le mobilier est sobre mais de très bon goût. Une vieille garde-robe qui paraît avoir traversé les siècles et de laquelle émanent des relents de naphtaline se dresse fièrement à la droite du lit. J’ouvre la fenêtre avant de partir en promenade et la pièce aussitôt se remplit des cris stridents des mouettes et du bruit régulier du ressac. Des senteurs iodées viennent aussitôt rafraîchir l’odeur un peu renfermée qui flottait dans l’air.
Mes pas me conduisent d’abord tout naturellement vers les animaux qui me rappellent mon enfance à la ferme. C’est plutôt un modèle réduit mais j’aime entendre le bêlement plaintif et parfois un peu idiot des moutons, l’odeur si caractéristique des vaches que je retrouve souvent dans le lait frais de la ferme ou dans un fromage affiné. J’adore regarder les poules dodeliner de la tête à la recherche d’hypothétique nourriture. Je flâne ensuite quelque peu dans la crique et me laisse bercer par le mugissement régulier des vagues qui viennent y mourir. Le soleil inonde l’île de ses rayons et me fait un bien fou.
Je reprends ma route pour m’intéresser aux tribulations de Frany et d’Apollon et j’aperçois au loin la petite Alice qui paraît leur murmurer à l’oreille des paroles qui les apaisent. Mais à peine me suis-je approché qu’Apollon reprend ses courses folles de plus belle sous le regard désintéressé de Frany. Il adore venir quémander l’une ou l’autre caresse et si par bonheur une carotte l’accompagne, il hennit de plaisir. Je regarde au loin le fort qui se dresse fièrement au milieu des gerbes d’écume et d’eau car ce matin la houle est sévère.
J’adore terminer ma promenade en flânant dans l’ancien monastère. Il y règne un calme apaisant, qui n’est troublé que par le doux chant des moineaux et des pinsons. Je me prends à rêver à cette communauté monastique qui a longtemps occupé les lieux ; les pierres semblent vouloir me raconter leur histoire. J’aurais aimé vivre dans la prière et le recueillement d’une communauté de frères.
A ce que m'a dit Jo, la maison va être au complet aujourd'hui ! Je pense même que tous les invités sont arrivés. J'ai entendu les portes claquer hier soir!
RépondreSupprimerIl est temps pour moi de me sauver. Je prends au passage ma boîte de coquillage. Je passerai par la plage. J'ouvre la porte de ma chambre, en douceur et sans faire de bruit. Je remarque au passage que celle à côté du débarras est ouverte. Je sais que je ne devrais pas, que Dieu est censé me voir, mais je risque un oeil à l'intérieur. Il n'y a personne. Juste une valise avec des initiales : D.E. C'est louche !
Je dois veiller à ce que les marches de l'escalier ne grincent pas sous mon poids. Si Jo m'attrappe, elle va me demander de lui donner un coup de main et je devrai probablement encore aller chercher les légumes au jardin et les nettoyer pour la soupe de ce soir... Tout bien réfléchi, je dois impérativement m'éclipser. J'ai plutôt envie de lire mon bouquin sur les falaises ou pourquoi pas, au phare ! Je suis certaine que là, on me fichera la paix. Je n'entendrai que les mouettes et le bruit des vagues contre les rochers. Juste mon livre et moi...
Je me dépêche car la marée va monter et je risque de ne plus pouvoir revenir du phare. Jo me tirera les oreilles, encore une fois!
Je me dirige vers la plage. Je cours pour sentir le vent dans mes cheveux. J'enlève mes chaussures. Le sable humide et froid me pince les orteils. Heureusement, il ne pleut pas !
Si je passais par la petite grotte sur les falaises ? Je suis certaine que personne ne la connaît. Il est vrai que si je n'avais pas été surprise par l'orage, je ne l'aurais sans doute jamais découverte...
Au loin, j'entends Frany. Elle ne semble pas joyeuse la pauvre ! Je suis certaine qu'Apollon la poursuit à nouveau. Je chiperai tout à l'heure une carotte à la cuisine pour la lui donner.
Je n'aime pas tous ces inconnus qui débarquent dans mon île ! J'avoue que je trouve très rigolo de les suivre en cachette, de les épier. Ils ne se doutent jamais de rien ! Quand il y a du monde sur l'île, Jo râle et met un point d'honneur à ce que je sois propre pour le dîner. Je suis certaine qu'elle a déjà préparer la robe que je devrai porter ce soir ! Pouah !
Lorsque j'arrive au phare, je remarque bizarrement que la porte est ouverte. Je suis pourtant certaine de l'avoir bien fermée et bloquée afin qu'elle résiste au vent ! C'est étonnant car personne n'ose s'aventurer jusqu'ici. Ils ont tous la frousse d'être coincés par la marée ! Ah les trouillards ! Moi, je m'en fiche, je ne crains ni les vagues, ni les falaises, ni le phare ! Je n'ai peur de rien... sauf de Jo, un petit peu !
C'est chez moi ici, c'est mon île !
Elle nous embarque tout de suite cette petite, on la suivrait n'importe où! elle m'a rappelé Claude du Club des 5 ;o))
SupprimerJ’ai bien fait de venir ici quelques jours. Cette île semble avoir un lien tout particulier avec notre Seigneur. Il vit ici. Dans ces herbes, dans ces galets. Sur ces falaises abruptes. Partout je vois son empreinte. Même ce soleil qui m’éclaire semble contenir un message. Je suis le bienvenu ici. Je n’ai pas besoin de m’en faire. Je suis le bienvenu.
RépondreSupprimerJe regarde la maison du révérend Peter. Elle lui ressemble. A la fois joviale et attentive. Elle veille de son regard multiple sur ses hôtes. C’est un peu comme cette pièce où l’on me fait dormir. Comme nous sommes fort nombreux, la femme du révérend a émis d’une voix tremblante l’hypothèse que je pourrais peut-être dormir sur le canapé de la salle de vie. C’est surtout une immense bibliothèque. Le révérend a failli protester, prêt à demander à son homme à tout faire de construire sur le champ un endroit digne de m’accueillir mais je l’ai freiné d’un geste de la main. Cela me conviendrait très bien. J’ai bien fait. La pièce est magnifique. Une grande baie vitrée donne sur les falaises du Dorset et sa réserve d’oiseaux qu’on entend crier sans que cela soit dérangeant. Tout comme le bruit de la mer qui me parvient de façon assourdie. Les murs sont épais. Il fait chaud. Il fait bon. Et la chaleur de la pièce est renforcée par la présence des livres. Dieu du ciel ! Le révérend dispose là d’une véritable richesse. Des ouvrages théologiques qui m’apporteront matière à réflexion. Qui me dessilleront les yeux. Du moins, je l’espère.
Le reste de l’île est à la hauteur de la création divine. J’oublierai presque la fureur de la guerre et les horreurs que j’ai vues.
Seigneur… Comment as-tu pu…
Allons bon voilà que je recommence. Je ne dois pas douter. Je marche posément sur le chemin de terre. Le bêlement des moutons rythme mon pas. Le cri des mouettes scandent mes pensées. Surtout ne pas réfléchir. Ne faire que contempler. Observer ce phare comme on observe un guide éclairé. Ecouter le vent souffler dans l’herbe grasse des pâturages. Ne plus penser enfin. Et juste croire.
Croire au moins au calme et à la paix qui m’entourent. Me bercent dans le mouvement lent ou parfois violent des vagues qui se fracassent contre l’île sans la faire trembler.
Seul l’homme peut trembler.
Comme le vent forci, je fais demi-tour et regagne d’un pas lourd la maison. Un cheval imposant hennit et souffle pour attirer mon attention. Il gratte d’un sabot impatient le sol. Je souris et m’arrête le temps de lui gratter l’encolure. Sous mes doigts, la puissance musculature frémit. Il pose sur mon épaule son immense tête avant de me pousser du bout de son nez. Je souris. Je suis le bienvenu.
Très intéressant ce personnage en proie au doute... ce texte a un beau rythme qui me touche. La répétition du "je suis le bienvenu", et ces phrases: " Surtout ne pas réfléchir. Ne faire que contempler. Observer ce phare comme on observe un guide éclairé. Ecouter le vent souffler dans l’herbe grasse des pâturages. Ne plus penser enfin. Et juste croire." very beautiful ;o)
SupprimerPour la première fois depuis de nombreuses semaines, je me réveille en douceur, j’ouvre les yeux et m’étire lentement. Mes pieds dépassent un peu du lit, je replie mes jambes sous la chaleur de la couverture. Les rideaux sont clairs et laissent pénétrer la lumière extérieure. Je suis agréablement surprise car même si je ne le perçois pas directement, étant donné que ma chambre est située côté, le soleil semble être au rendez-vous ce matin. Hier soir c’est la pluie et le vent qui m’ont accueillie sur l’île.
RépondreSupprimerA côté de mon lit se trouve une petite commode sur laquelle repose une horloge indiquant qu’il est 9h30 ! déjà ! l’horloge a donc effectué un tour complet ! j’enfile rapidement mes vêtements, fais une rapide toilette à l’évier, cachée derrière le paravent. J’écarte les rideaux et étudie l’endroit où je me suis endormie comme une masse hier. Elle m’avait paru plus petite alors. Elle est finalement d’une belle taille : composée d’un lit, une commode, une garde-robe et un évier, on peut malgré tout y circuler librement.
Je sors de ma chambre et suis impressionnée par la grandeur du hall. Je me rends au rez-de-chaussée, surprise de ne croiser personne. Je ressens un besoin fou de voir la mer. Je sors du presbytère et essaye de me rappeler le chemin.
Freddy a écrit :
RépondreSupprimerPremières impressions et tour de l’île du Docteur Winkle
Je suis vraiment heureux d’avoir pu me reposer confortablement dans cette petite chambre aménagée avec goût. J’étais trop fatigué hier pour m’intéresser au couple qui trônait au-dessus de ce lit en acajou subtilement sculpté et recouvert d’un moelleux duvet en plumes d’oie. Sans doute les ancêtres de mon ami le Révérend. Rien n’a pu troubler mon sommeil si ce n’est de temps à autre le bruit lugubre de la cloche du temple qui serait capable de réveiller un mort.
Les douces teintes vertes de la tapisserie semblent répondre en écho aux vertes prairies qui entourent le presbytère. Le mobilier est sobre mais de très bon goût. Une vieille garde-robe qui paraît avoir traversé les siècles et de laquelle émanent des relents de naphtaline se dresse fièrement à la droite du lit. J’ouvre la fenêtre avant de partir en promenade et la pièce aussitôt se remplit des cris stridents des mouettes et du bruit régulier du ressac. Des senteurs iodées viennent aussitôt rafraîchir l’odeur un peu renfermée qui flottait dans l’air.
Mes pas me conduisent d’abord tout naturellement vers les animaux qui me rappellent mon enfance à la ferme. C’est plutôt un modèle réduit mais j’aime entendre le bêlement plaintif et parfois un peu idiot des moutons, l’odeur si caractéristique des vaches que je retrouve souvent dans le lait frais de la ferme ou dans un fromage affiné. J’adore regarder les poules dodeliner de la tête à la recherche d’hypothétique nourriture. Je flâne ensuite quelque peu dans la crique et me laisse bercer par le mugissement régulier des vagues qui viennent y mourir. Le soleil inonde l’île de ses rayons et me fait un bien fou.
Je reprends ma route pour m’intéresser aux tribulations de Frany et d’Apollon et j’aperçois au loin la petite Alice qui paraît leur murmurer à l’oreille des paroles qui les apaisent. Mais à peine me suis-je approché qu’Apollon reprend ses courses folles de plus belle sous le regard désintéressé de Frany. Il adore venir quémander l’une ou l’autre caresse et si par bonheur une carotte l’accompagne, il hennit de plaisir. Je regarde au loin le fort qui se dresse fièrement au milieu des gerbes d’écume et d’eau car ce matin la houle est sévère.
J’adore terminer ma promenade en flânant dans l’ancien monastère. Il y règne un calme apaisant, qui n’est troublé que par le doux chant des moineaux et des pinsons. Je me prends à rêver à cette communauté monastique qui a longtemps occupé les lieux ; les pierres semblent vouloir me raconter leur histoire. J’aurais aimé vivre dans la prière et le recueillement d’une communauté de frères.