dimanche 28 octobre 2012

La photo ( consigne 3 - Atelier 2)

Placez un personnage dans la photo choisie et rédigez pendant 15 minutes son monologue intérieur sur ce qu'il ressent à propos de ce paysage, cette photo, les raisons qui l'ont conduit là, qui l'ont poussé à regarder cette photo ( si personnage extérieur...) - Point de vue subjectif.

7 commentaires:

  1. La glycine était presqu’en fleur. Je me rappelle de cette vieille place en Italie. J’avais 21 ans et je venais de terminer mes études. Mes parents m’avaient offert ce petit voyage.
    Il faisait tellement chaud qu’on cherchait le moindre coin d’ombre pour avoir un peu d’air frais. Je me souviens que nous avions pique-niqué sur ce banc : de la ciabatta, des olives et des tomates bien juteuses, comme on en trouve là-bas. Francesca, la guide locale, déplorait de ne pas avoir pensé au chianti…
    J’écoutais parler les villageoises qui rentraient du marché et je répondais tant bien que mal à leurs questions. Francesca riait de mon accent.
    Elle était jolie dans sa robe à fleurs aux fines bretelles glissant sur ses épaules brunies par le soleil. Elle s’était levée et dirigée vers la fontaine. A défaut de vin, elle s’était servie de ses mains comme d’un bol et j’avais bu l’eau fraîche directement de celles-ci. Cela avait été un instant d’intense passion. Une passion qu’on n’exprimait pas avec des mots mais uniquement à travers nos gestes.
    Il ne me reste que cette photo prise avant de partir. Je voulais fixer l’endroit de cette parfaite émotion.

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    1. Très belles images relatées avec des mots simples et justes: pique-nique sur un banc avec de la ciabatta, des olives et des tomates bien juteuses... la robe à fleurs aux fines bretelles sur les épaules brunes... les mains en coupe pour réceptionner l'eau de la fontaine... BREF! ça marque l'imagination!

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    2. Le texte me parle autant que la première fois. Aaaah ces bretelles qui glissent sur des épaules brunies et ses mains qui servent de coupe! Je confirme ton talent pour les belles images.

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  2. Je me souviens de ma première rencontre avec Dorian. Il était venu s’asseoir à côté de moi dans le bus qui nous ramenait vers le centre-ville. Il avait déposé son classeur sur ses genoux. Collée sur sa farde, il y avait une drôle de carte postale qui représentait trois panneaux sur le bord d’une route. Sur le premier panneau étaient dessinés deux pingouins. Le second avertissait que des pingouins traversaient la route. Le troisième enjoignait à rouler lentement. Le ciel était bleu, avec des nuages blancs. Je n’ai pu m’empêcher de pouffer de rire, et Dorian, très cool, m’a demandé s’il pouvait savoir ce qui me mettait dans cet état-là.
    Sans un mot, j’ai sorti mon journal de classe et lui ai montré la carte postale que j’avais collée à l’intérieur. Résultat : nous étions tous deux morts de rire.
    - D’où tiens-tu cette carte ? m’a-t-il demandé.
    - Je l’ai imprimée du blog de mon oncle.
    Le regard qu’il m’a alors jeté à ce moment-là, je ne suis pas prête de l’oublier ! Il avait l’air troublé. Il m’a dévisagée longuement, et pour la première fois, je me suis sentie tellement belle, et intelligente, et intéressante à la fois, j’en aurais pleuré.
    Je me suis mise à prier comme ma tante Marie-Madeleine me l’avait appris quand j’étais petite, pour que Dieu me laisse ce garçon rien que pour moi, qu’il devienne mon-mien-pour-toujours-pour-toute-la-vie-promis-juré-craché.

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    1. Ah Pam! Tu tiens là un personnage épatant! Certaines de tes phrases sont de vraies perles : j'aime bien celle que Fabienne relève mais surtout, j'aime la référence à Marie-Madeleine et aux prières de l'enfance.

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  3. J'aime beaucoup la tendresse de la phrase :"je me suis sentie tellement belle, et intelligente, et intéressante à la fois". Très belle image de Clara qui oscille entre l'ado et la jeune adulte.

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  4. Freddy a écrit :

    Quelle chance j’ai de pouvoir vivre chaque jour en pleine nature au milieu des oiseaux et de mes vachettes. Quelle chance j’ai eue, moi le vaurien, le bon à rien de voir les portes de cette ferme s’ouvrir devant moi sans que l’on me pose la moindre question.
    « Aimes-tu les animaux ? », « Sais-tu monter à cheval » ont été les seules requêtes. S »ils avaient su l’enfer duquel j’arrivais, jamais ils ne m’auraient accueilli, comme un fils, comme un frère, comme un ami.
    Jamais je n’aurais eu la moindre chance de plonger au tréfonds de moi-même et y découvrir des talents et une volonté que je ne soupçonnais même pas. Je leur suis à tout jamais reconnaissant et ma manière à moi de de le témoigner est d’être le meilleur dans le travail qu’ils m’ont confié.
    Ah ! Elles ont intérêt à bien se tenir les vachettes. J’ai acquis avec le temps un savoir-faire que la plupart des gardians m’envient. Et si vous voyiez le regard des filles lors des fiestas et des bals populaires. J’ai retrouvé ma fierté.
    Est-ce bien le même homme qui hier braquait les banques sans ménagement et qui maintenant prend soin des petits veaux comme une mère-poule ?
    Et si demain on retrouvait ma trace ? Et si un hasard malheureux mettait sur ma route quelqu’un de l’autre monde ? Je préfère ne pas y penser. Ce serait tellement cruel de devoir quitter ces paysages, ces animaux attachants, ces fermiers rudes et tendres à la fois.
    Retournerais-je sereinement en enfer après avoir connu le paradis, somme toute si simple ?

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