Pas sur la
nationale qui passe derrière chez toi, pas à cinq minutes à pied de ta
ville. On tombe en panne au bout du
monde, au coin d’un bois, au bord d’une falaise, aux portes du désert, pas dans
l’allée de son garage, entre le portillon électrique et la boîte aux
lettres. Pourtant, cette nuit, tu
marches et tu sais que la station-service la plus proche est à douze kilomètres
Cette petite
voix chuchotait sans cesse dans sa tête.
Helena regarda sa montre pour la Xème fois. Comme si, en la fixant, les aiguilles s’arrêteraient
et avec elles, le temps. Juste le temps
nécessaire d’atteindre cette station-service vers laquelle elle marchait. Assez de temps que pour prendre l’avion. L’avion de la dernière chance somme
toute. Celui qui lui permettra de
recommencer sa vie ou tout simplement, de la commencer tout court.
Partir !
Fuir !
Loin
de ce vide qui l’étouffe. Qui l’empêche
de respirer. Qui la paralyse.
Romain,
avec qui elle avait passé plus de vingt-cinq années, l’avait laissé afin de
prendre du recul, disait-il. Il
éprouvait le besoin de faire le point sur leur histoire. Il avait conclu qu’il s’emmerdait à la
maison, avec elle. Que plus rien ne le surprenait.
Helena avait senti son univers se
dérober. Tout était parti en fumée…
En réalité, Romain avait emménagé
avec une jeune peroxydée montée sur échasses avec laquelle il semblait à sa
place. Il porte des chemises ouvertes
sur un torse bronzé… lui qui déteste tant le soleil !
Helena n’avait pas compris. Tout était allé tellement vite.
Sur un coup de tête, il l’avait
gommée de son existence.
Sur un coup de tête, elle avait
pris la décision de partir. Elle avait
vidé la vieille boîte de biscuits qui contenait toutes les économies d’une vie
et avait acheté un billet d’avion.
Celui-là
même qu’elle désespérait de pouvoir prendre, perdue sur cette route à la
recherche du carburant nécessaire à sa survie.
Elle savait pourtant qu’il ne fallait pas se fier à la jauge du réservoir. Romain le lui répétait souvent.
Son cœur battait fort. Aucune autre voiture ne circulait à cette
heure. Elle accéléra le pas. Voilà longtemps maintenant qu’elle
marchait. Elle regarda une dernière fois
sa montre. Elle entendait la voix de l’hôtesse
la pressant de se présenter à l’enregistrement.
Dans sa poche, ses doigts rencontrèrent son billet d’avion. Ils le chiffonnèrent. Helena aurait voulu pleurer mais ses yeux demeuraient
désespérément secs à en faire mal.
Même sa fuite vers sa seconde
naissance, elle était bien incapable de l’accomplir.
Elle
s’arrêta un long moment et rebroussa chemin.
Voilà un texte qui m'accroche et qui me laisse en même temps un peu sur ma faim. Je trouve que cette Helena a du potentiel et que tes phrases la rendent puissante, crédible mais en même temps, il y a quelque chose qui "ne va pas". C'est peut-être lié à l'empoi de l'imparfait. Ca vaudrait peut-être la peine d'essayer du présent, pour garder une continuité avec l'intro qui est au présent. De même, l'usage (inhabituel) de la 2ème personne du singulier pourrait bien donner dans ton texte. Rendrait cette Helena plus vivante et moins stéréotypée.
RépondreSupprimerCe serait bien d'essayer les changements pour voir si je radote ou si le texte rend mieux avec ces propositions.